Annie Tobaty, Proviseure de banlieue. Entre éducation prioritaire et politique de la ville.

Dans cet entretien vidéo exclusif accordé à Michel Didier en 2021, Annie Tobaty, inspectrice générale honoraire de l’Éducation nationale, revient sur son parcours d’enseignante, puis de proviseure de lycées situés en zone d’éducation prioritaire, enfin sur ses missions d’inspectrice, en particulier à Grigny. Sur la base de cette riche expérience en banlieue, elle analyse les évolutions des élèves des quartiers populaires, décrit les trois âges de l’éducation prioritaire et explicite ce que lui a apporté la politique de la ville.

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QUI EST ANNIE TOBATY ?

Annie Tobaty est née en 1954 à Salins-les-Bains, dans le Jura, de parents instituteurs, eux-mêmes enfants d’instituteurs. Son père est militant syndical et politique (communiste), élu local à Dole. Elle réussit le concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS) de Fontenay-Saint Cloud. Agrégée d’histoire, elle effectue toute sa carrière professionnelle dans l’Éducation nationale, d’abord comme professeure d’histoire et de géographie en collège et lycée en Seine-Saint-Denis, puis comme proviseure de lycée. Elle est nommée proviseure adjointe au lycée Corbillon de Saint Denis et suit son déménagement dans le quartier du Franc-Moisin en 1994 où il devient le lycée Suger. Dans ce cadre, elle découvre la politique de la ville en travaillant étroitement avec l’équipe de maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) sur ce projet exemplaire de lycée.

Elle est ensuite proviseure dans différents établissements de la banlieue parisienne classés en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et en politique de la ville : en 2016, au lycée Romain Rolland d’Argenteuil qui jouxte le quartier du Val d’Argent (responsable du réseau REP d’Argenteuil/Bezons), puis en 2001 à la cité scolaire Georges Pompidou de Villeneuve-la-Garenne, proche du quartier « la Caravelle », puis en 2005 au lycée polyvalent Jean Jaurès à Argenteuil. Entre 2000 à 2010, elle est également responsable de la formation initiale des chefs d’établissement pour l’académie de Versailles. En 2010, elle devient proviseure du lycée Victor Hugo de Besançon. 

En 2014, elle est nommée inspectrice générale de l’Éducation nationale. Dans ce cadre, elle participe à une mission d’inspection sur la refondation de l’éducation prioritaire et à la mission inter-inspections chargée par le Premier ministre d’évaluer l’action de l’État concernant la ville de Grigny dans l’Essonne. 

Devenue retraitée, elle participe au comité de rédaction de la revue Administration et Éducation et a coordonné les travaux sur la formation tout au long de la vie (mars 2018), l’éducation prioritaire (janvier 2020) ou la gestion de la crise sanitaire à l’école. Elle a également contribué au numéro de la revue Diversité consacré aux 40 ans de la politique de la ville en 2017. Elle est membre du Conseil national d’observation et d’évaluation des cités éducatives.

 

AL

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