Chantal Talland | Directrice de l’ERU (2005 - 2022) | Former au renouvellement urbain

Dans cet entretien vidéo accordé à Michel Didier en 2020, Chantal Talland parle de son engagement dans la politique de la ville depuis la fin des années 80. Elle évoque son travail sur le terrain, notamment dans le quartier du Franc-Moisin à Saint-Denis (93), où elle s'est intéressée à la manière dont les habitants perçoivent leur cadre de vie, inspirée par le concept d’"épidémiologie du ressenti" d’Antoine Lazarus. Critiquant le modèle urbain des grands ensembles, jugé inadapté et facteur de relégation sociale, elle souligne l'importance du renouvellement urbain, présenté comme un outil central de la politique de la ville, tout en insistant sur l'indissociabilité entre action urbaine et action sociale. Elle met également en avant la nécessité de former tous les acteurs du renouvellement urbain, y compris les habitants, dans une démarche participative. Pour conclure, Chantal Talland met en garde contre une dilution de la politique de la ville dans une approche plus large qui oublierait les spécificités des quartiers les plus en difficulté.

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Cette vidéo est l'extrait d'un témoignage collecté dans le cadre d'une campagne d'archives orales initiée en 2016 par l'ANCT et CANOPE, sous la direction éditoriale de Michel Didier. Pour obtenir la vidéo source, merci de remplir le formulaire suivant : https://forms.gle/g4cgK8UJD4TjkXJh7 

DESCRIPTION 

Dans cet entretien vidéo accordé à Michel Didier en 2020, Chantal Talland parle de son engagement dans la politique de la ville depuis la fin des années 80. Elle évoque son travail sur le terrain, notamment dans le quartier du Franc-Moisin à Saint-Denis (93), où elle s'est intéressée à la manière dont les habitants perçoivent leur cadre de vie, inspirée par le concept d’"épidémiologie du ressenti" d’Antoine Lazarus. Critiquant le modèle urbain des grands ensembles, jugé inadapté et facteur de relégation sociale, elle souligne l'importance du renouvellement urbain, présenté comme un outil central de la politique de la ville, tout en insistant sur l'indissociabilité entre action urbaine et action sociale. Elle met également en avant la nécessité de former tous les acteurs du renouvellement urbain, y compris les habitants, dans une démarche participative. Pour conclure, Chantal Talland met en garde contre une dilution de la politique de la ville dans une approche plus large qui oublierait les spécificités des quartiers les plus en difficulté. 

QUI EST CHANTAL TALLAND ?

Chantal Talland naît en 1955 à Sainte-Maure-de-Touraine, dans le département de l’Indre-et-Loire. Après des études en anthropologie et urbanisme, elle s’engage dans différentes activités militantes, notamment à Saint-Denis. Dès la fin des années 1980, elle s’implique activement dans le programme du Développement social des quartiers, où elle exerce notamment la fonction de cheffe de projet dans le quartier du Franc Moisin. Dans les années 2000, elle occupe plusieurs postes dans l’administration d’État : elle est chargée de mission politique de la ville dans le Val-d’Oise, avant de rejoindre la Délégation interministérielle à la ville. Elle intègre ensuite l’Atelier urbain mis en place par Jean-Louis Borloo, puis l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). De 2005 à 2022, elle dirige l’École du renouvellement urbain, située à Aubervilliers, qui forme les acteurs de terrain et les habitants aux enjeux de la transformation des quartiers. En parallèle, elle enseigne pendant plusieurs années à l’Université Paris 8, dans le cadre de la formation Maîtrise de science et technique : formation à la connaissance des banlieues. En 2009, elle publie, avec Bernard Loche, Quand les quartiers réinventent la ville : les acteurs de la rénovation urbaine, qui analyse le rôle des différents acteurs engagés dans les politiques de renouvellement urbain. À travers son parcours, Chantal Talland incarne une figure révélatrice d’un parcours professionnel de la politique de la ville en France, associant engagement de terrain, expertise institutionnelle et transmission de savoirs et d’expériences dans une dynamique constante de réflexion et d’action sur la mutation des quartiers populaires. 

HS