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La politique de la ville, une décentralisation enfin accomplie ?

Alors que le comité d'histoire de la politique de la ville consacre son séminaire annuel aux liens entre décentralisation et politique de la ville, Florence Lerique et Thibault Tellier (membres de notre conseil scientifique) proposent un article de référence pour la revue "Pouvoirs Locaux".

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La politique de la ville, une décentralisation enfin accomplie ?

Depuis les années 1970, ce qui allait devenir la politique de la ville s’est imposée comme un terrain d’expérimentation de l’action publique territoriale. Dès la démarche "Habitat et vie sociale" (1973), l’État cherche à établir de nouveaux modes de coopération avec les collectivités. Bien avant les lois de décentralisation, cette politique engage une logique de contractualisation, de diagnostics partagés et de coresponsabilité entre institutions nationales et locales.

Au fil des décennies, la politique de la ville devient le lieu de formalisation d'espaces et d'outils de gouvernance spécifiques au niveau national comme local, qui s'inscrivent souvent en convergence avec l'évolution de la décentralisation elle-même (par exemple via la montée en puissance des régions puis des intercommunalités, ou encore dans le contexte spécifique de recentralisation des finances publiques de ces dernières années). 

Dans la dernière période, les auteurs montrent que cette ouverture à la territorialisation s’accompagne d’un paradoxe : le renforcement du rôle de l’État à travers la montée en puissance des agences nationales (ANRU, ANAH, ANCT). Ces dernières, tout en soutenant les projets locaux, concentrent la décision et les financements au niveau central. La politique de la ville devient ainsi un espace hybride, mêlant autonomie locale et pilotage étatique, innovation territoriale et recentralisation. La contractualisation, repensée notamment par la loi Lamy (2014), illustre cette ambivalence : elle favorise l’intercommunalité et la co-construction tout en laissant à l’État un rôle prépondérant dans la définition des priorités. Cette recentralisation est du reste plus ancienne et commence en réalité dès le tournant des années 1990 (dès la naissance de la DIV, administration centrale qui succède à l'expérience plus décentralisatrices de la CNDSQ).

A travers ce riche article, les auteurs montrent que la politique de la ville, lieu d'innovations en matière de politiques publiques, offre une lecture renouvelée de la décentralisation : non comme un transfert de compétences figé, mais comme un processus en tension, continuellement renégocié entre territoires et État.

Nous vous invitons à approfondir cette réflexion en découvrant l'article en intégralité, et en participant aux prochaines séances de notre séminaire 2024 - 2025. 

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Antonin Cois

 

Image d'illustration : Signature du nouveau contrat de ville « Quartiers 2030 » à Limoges, le 12 avril 2024, avec la présence de l’État, de la métropole, de la mairie et de nombreux partenaires (Crédits : Préfecture de Haute Vienne). 

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