Michel Delebarre, premier ministre de la politique de la ville.

Dans cet entretien vidéo exclusif accordé à Michel Didier en 2015, Michel Delebarre (1946 - 2022) revient sur les circonstances de sa nomination comme premier ministre de la Ville en décembre 1990 par le Président François Mitterrand. Il explicite les enjeux de cette innovation politico-institutionnelle dans un moment crucial de l’histoire de la politique de la ville, suite aux émeutes de Vaulx-en-Vélin en octobre 1990. Dans ses fonctions, il sera notamment à l’origine du rapport de Jean-Marie Delarue, La Relégation, et de la nomination des sous-préfets Ville.

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QUI EST MICHEL DELEBARRE ?

Michel Delebarre est un homme politique français, dirigeant du Parti socialiste (PS), né le 27 avril 1946 à Bailleul (Nord) et décédé à Lille (Nord) le 9 avril 2022, qui a occupé d’importantes fonctions ministérielles dans les années 1980 et 1990 : il a été notamment le premier ministre de la Ville nommé le 22 décembre 1990 par le Président François Mitterrand, dans le gouvernement de Michel Rocard.

Très attaché à sa région natale, le Nord-Pas de Calais, il en sera président de mars 1998 à janvier 2001. Et surtout il deviendra maire de Dunkerque en mars 1989 et le restera jusqu’en avril 2014 ; en parallèle, il sera président de la Communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral de 1995 à 2014. Il sera également député du Nord (13e circonscription) à plusieurs reprises et sénateur du Nord de septembre 2011 à octobre 2017. Il assumera aux niveaux national et européen de multiples responsabilités qu’il serait fastidieux d’énumérer. On en retiendra cependant la présidence de l’Union sociale pour l’habitat (USH) entre 1999 et 2008. Il faut également mentionner sa proximité avec Pierre Mauroy, dont il sera le directeur de cabinet de mai 1982 à juillet 1984 lorsque ce dernier est Premier ministre (mai 1981- juillet 1984).

Lorsqu’il est nommé ministre de la Ville, avec le titre de ministre d’État, qui en souligne l’importance au sein du gouvernement, il était ministre de l’Équipement, du Logement, des Transports et de la Mer, à la tête de plus de 100 000 fonctionnaires. Il fait donc le choix d’un ministère avec une petite administration, la Délégation interministérielle à la ville et au développement social urbain (DIV), mais doté d’une forte dimension symbolique et d’une autorité conjointe sur de nombreuses directions ministérielles. Avec pour objectif de « faire société » dans les quartiers en difficulté et de « donner à chacun la possibilité d’être citoyen », comme il le rappelle dans cet entretien vidéo, où il livre des éléments de bilan de sa propre action mais aussi de la politique de la ville de manière plus générale. (AL)

https://www.youtube.com/watch?v=VN4aCko8IQY

 

 

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